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Éléments de compréhension de l’adolescence

Publié : mardi 8 septembre 2009

Quelques repères sociologiques

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Si l’on parle tant de l’adolescence aujourd’hui, c’est principalement pour quatre raisons :

  • L’adolescence commence de plus en plus tôt sur le plan physique et psychologique, et se prolonge de plus en plus tard du fait d’un accès constamment reculé à l’autonomie financière et sociale et par ricochet à une indépendance affective la plupart du temps ;
  • La société, et notre culture occidentale se fragilisent et offrent du même coup des repères et des balises moins solides que dans le passé ;
  • Nous sommes passés en 30 ans d’un modèle éducatif basé sur une autorité indiscutable de l’adulte à un modèle laissant une place majeure à l’expression libre de l’enfant et de l’adolescent, et à leur écoute, sans préparer les parents à cette nouvelle donne ;
  • C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’à une si grande échelle le destin d’une génération (celle des adolescents) n’est pas perçu comme devant être, pour l’essentiel, une réplique plutôt fidèle du mode de vie de la génération précédente, c’est-à-dire nous, parents.

Quelques repères psychologiques

Les transformations du corps

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L’entrée dans l’adolescence se repère à travers les transformations physiques liées à la puberté. Que l’adolescent le veuille ou non, le développement des organes génitaux, bouleverse l’image du corps qu’il s’était construit dans l’enfance. Cette image est affectée à plusieurs niveaux :

  • les formes (pilosité, seins, silhouette) ;
  • le fonctionnement de son corps (règles, mue de la voix, démarche) ;
  • la ressemblance avec le corps de l’adulte (parent du même sexe) ;
  • l’importance de son corps (regard de l’autre).

En somme, son corps ne le différencie plus de ses parents. C’est également la période où il prend conscience de son identité sexuelle donnée : " Je suis un homme ou une femme ". D’une certaine manière, le " travail " de l’adolescent(e) consiste à se familiariser avec ce nouveau corps, à se l’approprier progressivement. Exemple : l’ado qui passe des heures à se regarder dans la glace ou qui manifeste un désintérêt apparent pour celui-ci. Renoncer à son corps d’enfant n’est pas une mince affaire. C’est ce qu’il nous dit parfois à travers un " je n’ai pas demandé à naître ", c’est à dire habiter ce corps qu’il a hérité de ses parents. Plus l’adolescent aura eu, en particulier dans la première enfance, des problèmes relationnels réels ou supposés avec ses parents, plus il aura du mal à accepter son corps.

Le corps représente pour chaque adolescent un extraordinaire moyen de communication et un lien privilégié d’expression de ses difficultés et de ses souffrances. Les marques corporelles (tatouage, piercing) sont désormais une manière d’écrire dans la chair des moments clés de l’existence. Ces marques peuvent favoriser l’augmentation de la confiance en soi, le mûrissement personnel. Elles sont devenues pour beaucoup d’adolescents un rite intime de passage pour se changer soi en changeant la forme de son corps, et pour modifier son rapport au monde. Pour changer de vie, on change de corps, ou du moins on essaie.

Le travail de deuil

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L’adolescent doit faire ses adieux à l’enfance. Le monde des adultes est peu à peu découvert comme plein de mesquineries, de déconvenues et aussi de mensonges, de violences et d’incertitudes. C’est aussi un tournant au cours duquel il est amené à désidéaliser ses parents : les parents tout puissants, ceux qui savent tout, qui peuvent tout. Il découvre amèrement que c’était une illusion de l’enfance. C’est pourquoi il va s’identifier à d’autres personnages. Les parents n’ont plus l’exclusivité. L’adolescent va se tourner vers d’autres modèles auprès desquels il s’identifie. Exemple : sur les murs de sa chambre, les posters lui renvoient une image acceptable. L’adolescent aimerait être " comme ". Il se cherche. A défaut de savoir encore qui il est, il va chercher à ressembler à telle vedette. Le groupe de copains copines joue également, d’une certaine manière, la même fonction que celle des vedettes : s’identifier.

Les liens entre génération

JPEGLa question des liens entre générations, à ce moment de l’existence, est centrale. L’adolescent a autant besoin des adultes qu’il tente de se dégager d’eux pour acquérir une autonomie nouvelle. Pour lui, la question de ses origines, de sa filiation familiale, culturelle est d’une extrême importance. En son for intérieur, trois interrogations majeures le tourmentent : suis-je bien l’enfant de mes parents ? Ont-ils désiré que je naisse ? Sont-ils toujours contents de m’avoir comme fils ou fille, tel que je suis en train de devenir ? C’est dire qu’il a toujours besoin de savoir s’il est aimé même si cela doit se manifester désormais différemment ; de même qu’il a besoin de vérifier la confiance que son entourage lui témoigne. C’est l’âge aussi où les héritages pèsent de tout leur poids lorsqu’ils sont lourds de secrets et de non-dits. L’adolescent se sentira allégé dès lors qu’il en deviendra officiellement propriétaire. Un secret peut avoir des effets destructeurs sur le jeune. De même, l’adolescent sera très sensible à ce qui a fait la particularité de l’histoire de ses parents, lorsque eux-mêmes étaient adolescents. Plus il aura accès à l’histoire de ses parents quand ils étaient adolescents, plus il acceptera de vivre la sienne.

Les premiers amours

JPEGDoté d’un corps physiquement mature, l’adolescent est potentiellement capable de réaliser ses fantasmes sexuels. Il devient aussi désirable pour un autre. C’est le temps des premières rencontres amoureuses. Il se demande s’il sera à la hauteur dans ce rapprochement physique avec l’autre qu’il a élu sur le plan amoureux. Tout adolescent ne peut pas parler de son intimité à un adulte, il a besoin pour grandir de préserver son jardin secret. Exemples : le journal intime ; Fil santé Jeunes, service d’aide téléphonique destiné aux adolescents reçoit un million d’appels chaque année. La majorité des appelants a entre 12 et 16 ans et les appels portent sur les premières relations sexuelles et surtout sur le premier baiser.

Les prises de risques

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L’adolescence est une période caractérisée par le goût du risque excessif. Le jeune a recours à l’action pour tenter de faire évoluer ses problèmes. Il a besoin d’éprouver les limites extérieures (les règles sociales, les lois) et intérieures (les principes moraux et éducatifs appris au cours de son enfance). Pour gagner en autonomie, pour se sentir exister et se dégager de l’emprise des parents, il doit explorer de nouveaux espaces qui comportent des risques et qui l’obligent à en distinguer les limites. Courir le risque, c’est, pour l’adolescent, mettre à l’épreuve sa toute puissance, chercher ses limites. C’est une sorte de rite initiatique pour accéder à un nouveau statut.

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